Check-list chirurgicale 

Historique des check-lists

En 1935, lors d’un meeting d’aviation, l‘armée américaine  présente son dernier avion. 7Une sorte de forteresse volante, pouvant transporter plus de bombes et voler plus vite, plus loin et plus longtemps. Malheureusement, ce jour-là l’avion s’écrase. Une analyse est faite et un expert constate qu’il était humainement impossible de gérer le cockpit d’un tel engin. Une checklist est dès lors créée, afin que les pilotes soient assurés de n’avoir rien oublié de vérifier avant le décollage. (Ph. S. Meilinger When the fortress went down, Air Force Magazine, octobre 2004, pp.78-82).

Application au monde hospitalier

Une étude conçue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) (« A surgical safety checklist to reduce morbidity and mortality in a global population », New England journal of medecine, janvier 2009) a été réalisée dans 8 hôpitaux dans le monde, aussi bien dans les pays industrialisés que ceux en développement. Cette étude faisait le bilan du nombre de complications ou de décès après chirurgie, avant et après la mise en place de la « check-list chirurgicale ». Suite à cela elle a fait son apparition dans les blocs opératoires. 

La check-list chirurgicale de l’OMS

La « check-list chirurgicale » est une liste de vérifications, lors d’interventions chirurgicales, qui comporte trois étapes.

La première se déroule avant l’anesthésie et implique le patient – lorsqu’il est en état de communiquer –  et, au minimum, l’infirmière et l’anesthésiste. Il s’agit de s’assurer que c’est le bon patient, vérifier avec lui quel est le membre ou l’endroit à opérer. Mais aussi de s’informer de la technique choisie pour effectuer l’opération. Enfin, l’équipe s’assure que le patient a bien donné son consentement.

Ensuite, avant l’incision, le chirurgien, l’infirmier(e) et l’anesthésiste confirment différents points tels que la présence dans la salle de la totalité de l’équipe, si le patient présente un problème particulier, la durée de l’intervention ou encore quelles seront les étapes critiques ou inhabituelles.

Enfin, lorsque l’opération est terminée, avant que le patient ne quitte le bloc, l’équipe effectue le décompte du matériel utilisé (instruments, compresses, aiguilles, etc.), vérifie l’étiquetage des prélèvements ou encore de s’assure de la présence de tous les éléments importants pour le suivi post opératoire.

Cette vérification orale ne prend que deux minutes, environ, mais elle a permis de réduire de manière importante les complications ou les décès post opératoires.

Mise en œuvre au sein de la Fédération des hôpitaux vaudois

La FHV a suivi le test réalisé par l’OMS de cette check-list et a contribué auprès de l’OMS à sa traduction en français, si bien que la FHV a été parmi les premiers groupes hospitaliers à tester cette check-list, puis à la promouvoir auprès de ses membres. Certains hôpitaux disposaient déjà de check-lists plus sommaires, d’autres pas. Un groupe de coordination FHV a été mis sur pied

afin de contribuer à développer et harmoniser les check-lists au sein de la FHV. Il a également mis en place un indicateur de performance, sous forme du taux de check-lists complètes, visant à créer une émulation au sein des établissements.

Ce groupe a également développé un recueil de bonnes pratiques, parfois en conseillant des directives ou des ouvrages existants (par exemple ceux de Sécurité des patients Suisse), parfois

en développant ses propres recommandations à partir de la littérature scientifique, par exemple :

 

• Recommandations pour le marquage du site opératoire

• Politique d’identification du patient en chirurgie