Collectif de travail prévention des événements indésirables liés au médicament 

Le premier collectif de travail a été développé avec pour objectif de réduire de 20% la survenue d’événements indésirables liés au médicament, dans les dix établissements participant à ce projet.

Les actions d’amélioration se sont regroupées autour de trois thèmes principaux :

• L’identification des patients (pour donner le médicament au bon patient),

• La gestion des médicaments à haut risque (médicaments présentant un risque élevé de causer des dommages significatifs lorsqu’ils sont utilisés de façon erronée),

• La préparation des médicaments (fiabilisation pour éviter les interruptions, les

erreurs de sélection, de calcul, etc).

A ces trois thèmes s’est ajouté celui de l’implication du patient, afin que celui-ci puisse comprendre sa médication et participer à la vigilance à l’égard des erreurs.

 

A l’appui de ces interventions d’amélioration, de nombreuses recommandations de bonnes pratiques ont été émises et continuent de servir de référence.

Nous en citerons deux à titre d’exemple:

Les directives pour la conception et l’aménagement des pharmacies d’unité de soins, document élaboré pour le collectif, validé par le Service de la santé publique et par la Conférence des directeurs généraux de la FHV.

 

• La note de revue de littérature relative à l’identification des patients au moment des soins, à partir de laquelle les établissements ont défini leurs politiques sur l’utilisation du bracelet d’identification au lit du patient, ainsi que sur les questions ouvertes au patient pour s’assurer de son identité.

 

 

Cinq établissements ont participé au collectif pendant 18 mois. Cinq autres établissements ont accepté de poursuivre la mesure durant 12 mois supplémentaires, afin de pouvoir terminer la diffusion des interventions et s’assurer de leur pérennité après la phase «projet». Dans ces établissements, pour lesquels 30 mois de mesure sont disponibles, il a été possible de démontrer une réduction significative des non-concordances entre la prescription et le contenu des piluliers. Le taux de non-concordances est passé de 6.46% durant la première année du collectif (2011), à 4.38% à la fin de la phase «projet» (2012) puis à 3.02% durant la phase post-projet (2013).

Taux de non concordance - graphique

Taux de non-concordances entre la prescription et le contenu du pilulier. Etablissements ayant pratiqué la mesure durant 30 mois.

 

Au sein de ces mêmes établissements, le nombre d’événements indésirables par 1000 doses de médicament est passé de 1.77 avant le projet (2010) à 0.58 dans la phase post projet (2012-2013). Les événements indésirables ont été évalués grâce à la méthode du Trigger Tool, consistant en une revue accélérée de dossiers de patients, basée sur une liste de 20 critères de dépistage.

Nombre EIM- graphique

 

Dans ces établissements, ce n’est donc pas une réduction de 20% des événements indésirables liés au médicament, visée par l’objectif, qui a été atteinte, mais une réduction de 67%. Cette réussite a permis de confirmer la méthode des collectifs de travail comme le coeur du programme FHV «Sécurité des patients» et de l’appliquer à de nouveaux thèmes.